La-Radio-Television-Suisse-entre-pedophilie-harcelement-et-mensonge

De gauche à droite :

- Patrick Allenbach, 30 ans journaliste à la RTS, condamné pour crimes sexuel sur mineurs impliquant l’abus de sa position professionnelle. Des témoins rapporteront “tout le monde savait à la RTS”.

- Walter Bertschi, contributeur 18 ans à la RSR, condamné pour contrainte sexuelle sur mineur et sous mandat d’arrêt international, réfugié en Haïti où il a travaillé pour Haïti Press Networks.

- Raymond Zumsteg, haut cadre de la RTS, reconnu coupable de viols répétés sur sa fille de quatre ans, et jusqu’à ses huit ans. Bien que Bertschi et Zumsteg aient été médiatisés durant toute leur carrière (Zumsteg sera producteur exécutif de l’Eurovision de Lausanne) il est aujourd’hui impossible de retrouver la moindre photographie d’eux sur Internet.

En cause : la censure et la “loi du silence” qui règnent à la RTS, et en particulier l’oeuvre des spécialistes en communication (spin doctor ou nettoyeur médiatique) dont Ludovic Rocchi (à droite) perpétue aujourd’hui une tradition distinguée. Contacté à plusieurs reprises pour lui demander des explications sur les scandales de pédocriminalité de la RTS, ce dernier a tenté de censurer l’auteur par voie d’intimidation légale puis a signé seize mensonges (d’après cinq témoins) pour étouffer une autre très grave affaire, cette fois de corruption et d’abus d’autorité présumés au sein de la magistrature suisse. Au moins sept affaires de criminalité sexuelle, dont une grande majorité pédophiles, ont impliqué la RTS depuis 1999, et selon plusieurs témoins le scandale de harcèlement sexuel de 2020 n’est que l’arbre qui cache la forêt.

“La RTS ne perd pas le pédophile” c’est déjà ainsi que le journal satirique Vigousse, qui mérite bien d’être appelé le “Canard Enchaîné du Lac Léman”, titrait le 14 janvier 2011… neuf ans avant les révélations accablantes du quotidien pourtant conservateur Le Temps sur la culture d’intimidation et de prédation sexuelle à la RTS. Le chapô de l’article était prémonitoire : “quand la SSR est prise dans une sale affaire, elle joue la surprise comme d’autres jouent la montre : autopsie d’une tactique”. (SSR : ancêtre constitutif de la RTS, dont la formation visait justement à faire entre autres oublier de trop nombreuses affaires de pédophilie.)

Car tactique est bien le mot, mais quand vous avez délibérément mis en place une méthode reproductible pour étouffer vos pléthoriques scandales de pédophilie et de harcèlement sexuel, c’est que vous avez un problème majeur. Posons donc la question sans ambages : les crimes sexuels sont-ils un fil rouge de la Radio-Télévision Suisse ? Nous devons la réponse formelle à nos lecteurs : oui, sans le moindre doute !

Une machine à crimes sexuels

Il n’est pas possible de le dire autrement : les crimes sexuels et en particulier la pédophilie relèvent d’un mal systémique à la RTS, d’ailleurs comment pourrait-on expliquer autrement cet enchaînement historique d’affaires dont plusieurs sources interrogées nous confirment en choeur qu’elles sont loin de former une liste exhaustive ?

Affaire Thierry Catherine

C’est sur son ordinateur professionnel de la RTS que sont retrouvés par l’informaticien Jorge Resende plus de six cent images pornographiques, certaines identifiées par l’informaticien comme pédophiles puis clairement qualifiées d’”images punissables” de l’aveu même de la RTS, qui n’avait pu totalement étouffer l’affaire dans les années 2000, rapportant : “La question qui subsiste est de savoir pourquoi la RSR, mise au courant des faits par l’informaticien, n’a pas dénoncé pénalement le détenteur des photos, le caractère pédophile de certaines d’entre elles étant avéré”. La multinationale étatique suisse harcèlera cependant l’informaticien au point qu’une interpellation parlementaire aura lieu à son sujet. Nous ignorons encore tout du sort des enfants pris en photo. Thierry Catherine, sympathique “grand-père Lausannois” comme il se décrit aujourd’hui sur son compte twitter, travaille sereinement pour France Bleu Champagne. Quant au lanceur d’alerte Resende, il a été licencié, sa carrière brisée, et a même engagé à l’époque une grève de la faim…

Affaire Roland B.

Employé de la RTS. Des témoins et anciens collaborateurs rapportent que sont identifiées des centaines d’images pédopornographiques sur son ordinateur de travail, puis qu’il est condamné au début des années 2000. Il reste très peu de traces de cette affaire dans les archives comme sur Internet

Affaire Patrick Allenbach

Présentateur rock n’roll vedette des organisations qui fusionneront pour devenir la RTS, Allenbach est condamné en France pour agression sexuelle sur mineurs, des faits qu’il a entièrement reconnus et dont il s’est excusé peu de temps avant sa mort. Selon plusieurs témoins il aurait bénéficié de protections insistantes de la direction de la RTS, d’où l’affaire suivante :

Affaire Raymond Zumsteg

Au cours de ses fonctions, il est reproché à ce haut cadre de la RTS, notamment producteur exécutif de l’Eurovision de Lausanne d’avoir agi pour dissimuler divers crimes et scandales sexuels. Au final, il sera lui-même reconnu coupable d’actes sexuels sur des enfants et du viol répété de sa fille dès l’âge de quatre ans, et mis en prison. Il aura été protégé jusqu’au bout par la RTS, dans une démarche qui semble flirter avec la corruption, le journaliste Patrick Nordmann rapportant en effet: Guillaume Chenevière, directeur de la TSR à l’époque, avait accepté de réintégrer ce triste personnage contre un « financement exceptionnel » octroyé par Berne pour un projet qui lui tenait à cœur. Et de poursuivre: “Alors qu’il était en poste à Genève grâce à Guillaume Chenevière, Raymond Zumsteg a réussi à couvrir pendant des mois les agissements d’un autre cadre qui collectionnait des images de pornographie infantile, allant jusqu’à menacer les employés qui avaient découvert la chose. On dit même qu’il s’agissait déjà d’Allenbach.”

Affaire Janry Varnel

Autrefois chef du service jeunesse de la RTS (cela ne s’invente pas), aujourd’hui carrément en cavale pour des faits présumés de pédophilie. Ni sa photographie ni les faits principaux de sa cavale ne sont plus disponibles sur Internet, la RTS ayant, n’en doutons pas, réalisé un excellent travail de nettoyage (voir plus loin). On notera juste ce titre involontairement tragique du Temps en 1998 à propos de Varnel “Pour séduire les enfants et les fidéliser, la TSR invente le logo qui rigole”. Rendue plus glauque par l’impitoyable contextualisation du temps, cette citation directe de Varnel y décrivant sa campagne : “pour les choper à la sortie de l’école (…)”. Cavale donc, sans un jour de tribunal, et sans excuses de la RTS. C’est au fond, parce qu’il n’y a pas eu d’affaire qu’on doit précisément parler d’affaire !

Affaire Walter Bertschi

Animateur radio à la RTS (RSR), “condamné pour pédophilie et “réfugié” en Haïti où il continue son petit commerce” toujours selon Vigousse. Cela commence à faire beaucoup de pédophiles issus de la RTS en cavale tout de même, pour une couverture médiatique inversement proportionnelle.

Affaire dite Darius Rochebin

Il en soi malhonnête d’appeler cette affaire “Darius Rochebin”, bouc-émissaire facile d’un système intégré où prolifère, toujours selon le Temps, une culture du harcèlement sexuel et professionnel (mobbing), des comportements dignes des pires mafia des Balkans, révélés certes en 2020, mais s’étant étalés sur des décennies. Il n’empêche, est re-démontré que la RTS a chroniquement récidivé dans la protection des pervers et des vicieux, mais si sont sorties de l’affaire quelques demandes déplacées (“tu te branles souvent ?”), on ne peut la décrire autrement que comme l’arbre qui cache — toujours — la turpide forêt pédophile.

Dès 2011 donc, le caricaturiste aujourd’hui disparu “Mix & Remix” avait résumé d’un dessin assassin la sordide culture qui régnait au plus au niveau à la Radio-Télévision Suisse : sous le titre “un pédophile démasqué à la RTS”, sept journalistes en sueurs pensaient trop haut “…ouf !… c’est pas moi !”

“Tout le monde savait”

Car oui, tout le monde savait, comme le souligne impitoyablement Nordmann :

Plus grave encore, toutes sortes de bruits couraient depuis des lustres, dans les couloirs de la télévision et de la radio, sur les mœurs troubles de notre gaillard. Difficile d’imaginer qu’aucun membre de la direction n’en ait jamais entendu parler. Cette stratégie qui consiste à “cacher la merde au chat” est une véritable constante.

Et de conclure :

Les affaires passent et la SSR continue à jouer les innocentes. Cela fait partie d’une tactique qui cache encore bien d’autres méfaits !

Le 11 janvier 2020, une protestation est organisée devant les locaux de la RTS, les manifestants tirant une vaste banderole : à côté d’un très jeune enfant en pleur, on peut lire “la pédophilie est une longue tradition à la RTS”. Une autre manifestation interpellait la direction de la multinationale étatique helvète, rebaptisée pour la banderole “Radio-Télévision-Silence”.

Le cas Ludovic Rocchi ou la machine à étouffer

S’il y a une machine à crimes sexuels, c’est qu’il y a aussi une machine à étouffer, sur laquelle trop peu de journalistes osent s’arrêter parce qu’elle interroge l’intégrité de toute leur profession. Mais entendons-nous bien, même si nous devons nommer quelque représentant distingués de la machine à détourner l’attention, nous devons souligner que le problème n’est aucunement individuel, il est structurel. En 1984, le cognitiviste Niklas Luhmann emprunte à la biologie le concept d’autopoiëse pour l’appliquer aux systèmes sociaux: par “autopoiëse sociale” il décrit la façon dont un système, une culture, peut former et entretenir des gens à sa conformité. En criminologie, l’autopoiëse sociale explique la durabilité des mafia, des sociétés clandestines ou des clubs de perversions. Ayant rejoint un système propice au vice, l’individu s’y retrouve conformé et poli par le temps, ce d’autant plus facilement que sa morale et son intégrité sont fragiles. Dans cette grande broyeuse de l’honneur, nous pouvons donc relever une identité particulière, mais jamais l’accabler seule.

Toute mafia a donc son omertà et ses nettoyeurs. A la RTS on l’a vu, ces pratiques se sont carrément érigées en culture : intimidation, harcèlement, dénigrement et attaques personnelles, “character assassination”, mais surtout, le culte du secret et du mensonge. Si la RTS rêve donc de mettre toutes ses pétulantes affaires de pédophilie derrière elle, un dossier très prometteur doit attirer notre attention, celui de l’affable Ludovic Rocchi, et nettoyeur médiatique qui témoigne de toute la viridescence de la Radio-Télévision Suisse ès lois du silence. Nous avons tenté de le contacter à plusieurs reprises pour lui demander des comptes quant à la pédophilie en série qui sévit chez son employeur : à chaque fois, non seulement l’individu s’est défilé, mais il a aussi tenté de nous diffamer publiquement et de nous intimider légalement. Plusieurs témoins ont suivi cette affaire, mais pour se protéger des intimidations violentes de la RTS, ils ont préféré garder l’anonymat.

“Ludovic Rocchi c’est un cas d’école. Il n’a certes pas de problème connu de pédocriminalité, mais de son comportement à la RTS on peut dire aussi qu’il n’a pas de problème avec elle non plus quand elle frappe son employeur. C’est une constante chez lui : vous lui mettez un énorme scandale sous le nez et il fera un sujet sur autre chose. Philip Morris installe sous ses yeux un des plus gros complexes tabaco-industriels au monde ? Nestlé s’embourbe dans des pratiques immorales sur la privatisation des aquifères ? Il vous fait un sujet sur l’éco-terrorisme. La banque Bonhôte de Neuchâtel négocie discrètement de se faire taper sur les doigts par le fisc américain pour faire oublier des comportements frauduleux ? Il vous fait un sujet sur l’obscur plagiat d’un professeur immigré. Vous lui mettez sous le nez le collier d’affaire pédophiles impliquant la RTS, il vous dit que ce n’est pas le sujet”

“Ce avec quoi Ludovic Rocchi a un vrai problème par contre, c’est avec la charte de Munich, le code de déontologie suprême des journalistes selon lequel, en substance, il faut dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. Dans l’affaire Sarah Weingart par exemple, où une procureure suisse est tout de même accusée de corruption par 174 femmes sénégalaises et mauritaniennes (il lui est reproché d’avoir favorisé des parties et abusé de son autorité dans une grave affaire de contrainte), il est parvenu à entasser quatorze mensonges par omission et deux mensonges directs (la RTS fera très discrètement corriger un de ces mensonges) dans un seul article, pour tourner l’affaire dans le sens qui arrangeait le plus le pouvoir, terrifié à l’idée que le dossier sorte dans les média. Il est comme ça : vous lui donnez le scandale pénal de la décennie, il vous oriente sur un fait divers.”

Si comme l’a donc très bien décrit le journaliste Nordmann, la RTS doit pouvoir, à chaque nouveau scandale de harcèlement ou de pédophilie, plaider la surprise et la virginité, il faut que chaque nouveau crime soit perçu comme le tout premier. Une telle modification de la perception publique nécessite des nettoyeurs médiatique chevronnés, des gens capables de détourner l’attention d’une manière dilatoire pour empêcher la vérité de paraître dans son intégralité. Pour que les scandales de harcèlement, de pédocriminalité et de corruption persistent à la RTS, il faut des gens comme Ludovic Rocchi, qui refusent de rapporter la totalité des faits, et cherchent à intimider voire à discréditer les enquêteurs sur leur passage. Un autre témoin de poursuivre :

“Vous savez, on dit que les menteurs amateurs mentent, mais que les menteurs professionnels mentent par omission. Si cette maxime est bien vraie dans le métier, on peut clairement dire de Ludovic Rocchi qu’il est un menteur professionnel, et chevronné encore ! Comme disent les anglo-saxons “he’s a natural !””

Nous ne pouvons être plus clairs : en matière criminelle, et ô combien en matière de pédocriminalité, tout silence est coupable. De la même façon qu’un chef d’orchestre sait où placer ses silences, ce sont les affaires dont on refuse de parler, les preuves et les faits que l’on refuse de rapporter, qui sont les plus incriminants en matière journalistique. Quand on a une structure malsaine, on forme des individus malsains, c’est inévitable. Les odieux crimes sexuels qui fleurissent à la RTS depuis des années ne peuvent s’épanouir qu’à l’ombre d’un silence coupable, mais il faut comprendre que le silence est un métier, un travail, une méthode professionnelle polie par des experts chevronnés et délibérés dans leur immoralité. On prête moins d’attention aux petites mains, aux silences coupables, pourtant ce sont eux qui autorisent les crimes de demain. Ainsi l’avait très bien décrit Albert Einstein devant la Société du Décalogue de Chicago en 1954 : “…le silence m’aurait rendu coupable de complicité”.

Bibliographie

• “La SSR ne perd pas le pédophile” Patrick Nordmann, Vigousse, 14 janvier 2011

• “Patrick Allenbach jugé pour agressions sexuelles sur mineurs”, 24 Heures, 21 Novembre 2012

• “La RTS, Darius Rochebin et la loi du silence” Boris Busslinger, Célia Héron, Sylvia Revello, Le Temps, 31 Octobre 2020

• “Affaire des fichiers pédophiles à la RSR : Resende plus déterminé que jamais”, 20 Minutes, 13 Mai 2008

• “14 mensonges aggravés dans l’article de Ludovic Rocchi” M-22–9, 4 décembre 2020

• “Le procureur Pierre Aubert insulte officiellement les 174 femmes peules qui accusent son administration de corruption” Medium, Thierno Dicko, 12 Décembre 2020

“le tremblement de terre en Haïti, une aubaine pour les pédophiles aussi ?” Blog “Elsie News”, Elsie Haas, 25 janvier 2010

“Pourquoi le journaliste Ludovic Rocchi essaye t’il de censurer l’affaire dite de “l’or des peuls?”” Medium, Thierno Dicko, 19 novembre 2020

“La poutre dans l’oeil de la caméra” Les Observateurs, 26 Octobre 2012

“RSR : des fichiers pédophiles “punissables””, RTS, 28 juin 2010

“SSR : Financer la redevance, c’est aussi payer pour protéger les pédophiles” Blog Bafweb, Adrien de Riedmatten 12 janvier 2018

Auteur(s): Idriss Aberkane et Xavier Azalbert

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